Sur la piste de marqueurs de l'instabilité des anévrismes abdominaux
Pathologie de plus en plus fréquente, l'anévrisme de l'aorte abdominale concerne 4% de la population âgée de plus de 65 ans. Le rupture de la paroi de cette artère débouche sur une issue fatale dans 60 à 85% des cas, le plus souvent même avant admission du patient en milieu hospitalier. Sa dangerosité est actuellement estimée en fonction de son diamètre, alors que pourtant de gros anévrismes peuvent ne jamais se rompre et que, inversement, il n'est pas rare d'assister à la rupture d'anévrismes de petite taille.
En raison de son caractère bien souvent asymptomatique, il arrive fréquemment qu'on ne détecte pas l'anévrisme de l'aorte avant sa rupture. Voilà pourquoi des chercheurs de l'Université de Liège sont sur la piste de marqueurs biologiques et radiologiques prédictifs de l'instabilité des anévrismes abdominaux.
L'analyse d'échantillons humains leur a permis de confirmer la présence de gros infiltrats de cellules inflammatoires dans les zones de forte activité métabolique de ces anévrismes, mais aussi d'identifier les enzymes produites par ces cellules et responsables de la dégradation de la paroi aortique.
Les auteurs de ce travail ont aussi montré que l'expression de certains gènes liés au remodelage et à l'entretien de la paroi aortique est différente dans les mêmes zones. De plus, des changements au niveau de la structure et composition de la paroi du vaisseau sanguin ont été mis au jour.
(référence : The Journal of Nuclear Medicine, octobre 2013, doi: 10.2967/jnumed.112.115873)