Vitamine D : supplémentation ne signifie pas prévention
S'il est acquis qu'une carence en vitamine D est associée à diverses maladies, par contre la supplémentation reste controversée. De précédents travaux ont suggéré de nombreux bénéfices, mais la dernière étude sur la question montre que, contrairement à certaines croyances, les suppléments de vitamine D ne contribuent pas à prévenir de nombreuses pathologies comme le cancer et les affections cardiovasculaires.
Des chercheurs français, en collaboration avec une équipe belge de l'ULB, ont mené une méta-analyse répertoriant 290 études prospectives de cohorte et 172 essais contrôlés randomisés sur la supplémentation en 25-hydroxyvitamine D, forme dosée dans le sang de la vitamine " du soleil ". Ils ont observé que la supplémentation en 25(OH)D (50 microgrammes par jour ou plus), même chez des personnes dont la concentration dans le sang est inférieure à 50 nmol/litre, n'a pas d'effets sur la survenue ou la sévérité des maladies.
La seule note positive concerne les personnes âgées. Dans des études qui incluaient majoritairement des femmes âgées, une supplémentation à faible dose (20 microgrammes par jour) aurait eu un effet positif sur le risque de chute et de fracture, et donc indirectement sur la mortalité.
A partir de ces observations, les auteurs émettent l'hypothèse que le manque de vitamine D serait un marqueur de mauvaise santé, et non un facteur causal.
(référence : The Lancet Diabetes & Endocrinology, 6 décembre 2013, doi:10.1016/S2213-8587(13)70165-7)