Nocivité des particules fines : les normes européennes trop laxistes
En ce qui concerne les normes relatives à l'exposition prolongée aux particules fines en suspension dans l'air, l'Union européenne (UE) est amenée à réviser sa copie. La directive sur l'air de 2008 a imposé aux États membres un plafond moyen annuel de 25 microgrammes/m3 de particules en suspension, tandis que l'OMS préconise comme valeur limite 10 microgrammes/m3.
Or, une nouvelle étude, financée par l'UE, issue de 22 enquêtes menées dans 13 pays sur plus de 360 000 personnes pendant 14 ans, suggère que des effets néfastes importants sur la santé se produisent même avec des concentrations de particules PM 2,5 bien inférieures à la limite fixée par l'Europe. Les PM 2,5 sont les microparticules les plus fines, avec un diamètre inférieur à 2,5 microns, soit la taille d'une bactérie.
Plus préoccupant encore, les chercheurs estiment que pour chaque hausse de 5 microgrammes par m3, ce qui équivaut à la différence entre une zone urbaine très fréquentée et un endroit situé à l'écart du trafic automobile, le risque de décès par cause naturelle augmente de 7%.
Rappelons que le problème provient de la finesse des particules qui leur permet de pénétrer plus facilement et profondément dans les poumons. Leur nocivité ne fait plus aucun doute. Une autre étude danoise, parue en juillet dernier, était d'ailleurs formelle : il n'y a pas de seuil en dessous duquel le risque sanitaire n'existerait pas.
(référence : The Lancet, 9 décembre 2013, doi:10.1016/S0140-6736(13)62158-3)