Euthanasie des mineurs : Christine Defraigne (MR) justifie son vote
Les enfants qui souffrent méritent autant de considérations que les adultes, rappelle la parlementaire Christine Defraigne, justifiant le vote au Sénat de l'extension de la Loi euthanasie. " Les médecins sont unanimes ", souligne la parlementaire liégeoise, " les enfants malades, même très jeunes, disposent, de par leur combat contre la maladie, d'un réalisme déconcertant, d'une maturité exceptionnelle, même par rapport à des sujets aussi graves que la mort ".
La sénatrice de communauté et députée wallonne n'entend pas laisser dire que la proposition de loi d'euthanasie aux mineurs, " laisse faire tout et n'importe quoi ". En effet, des balises supplémentaires à celles applicables aux majeurs et choisies pour répondre à la situation spécifique des mineurs ont été ajoutées :
1/Le mineur doit disposer de la capacité de discernement pour demander une euthanasie. Notion qu'on retrouve en matière de responsabilité civile et pénale. " Ce n'est donc pas une invention de toute pièce dans le chef des auteurs. "
2/Cette capacité doit être évaluée par un tiers, un spécialiste de la question, à savoir un psychologue ou un psychiatre qui donnera son avis pour aider le médecin à prendre la bonne décision. Tout en impliquant l'ensemble de l'équipe médicale dans la décision.
3/L'accord de tous les représentants légaux concernés est requis. Les médecins doivent y veiller et il est " impensable " qu'ils ne le fassent pas . "Pour ce faire, le médecin doit jouer le rôle de lien entre l'enfant et sa famille, favoriser le dialogue, et rétablir la communication si nécessaire."
4/Les parents ne portent pas seuls le poids de la décision. "Ils peuvent bénéficier d'un accompagnement psychologique avant, pendant et après l'acte d'euthanasie. La responsabilité de l'acte revient au médecin qui l'a pratiquée, à personne d'autre."
Bref : c'est une décision collégiale et personne ne décide seul, insiste Defraigne.
La députée s'est rangée à la proposition de loi pour deux autres raisons : le flou qui règne au niveau de la sédation qui accélère le décès des mineurs dans des cas de douleurs inapaisables et la sécurité juridique qu'il faut apporter, comme dans le cas des majeurs, aux médecins.
Elle ajoute que les Droits des patients "peuvent être exercés de manière autonome par le patient mineur qui peut être estimé apte à apprécier raisonnablement ses intérêts". "Le mineur peut donc actuellement refuser un traitement par exemple, mais ne peut pas demander une euthanasie ! C'est incohérent.", s'exclame la députée MR.
Enfin, la clause de conscience est évidemment maintenue pour les médecins. Aucun thérapeute n'est obligé de pratiquer une euthanasie " tout comme aucun enfant ne subira une euthanasie contre son gré, ou contre l'avis de sa famille. Chacun verra simplement la conception qu'il a de sa dignité respectée. "