Twitter, outil de prévision épidémiologique ?
Afin de combattre l'épidémie de gastro-entérite aiguë qui touche chaque hiver le pays, la Grande-Bretagne vient de lancer une campagne préventive pour le moins déroutante et peu ragoûtante. La Food Standards Agency (FSA) invite en effet les victimes du norovirus (également appelé " virus de Norwalk " ou " maladie hivernale qui fait vomir ") à témoigner, via tweeter, pour partager leurs désagréments gastriques, descriptions à l'appui.
Les Britanniques sont donc encouragés à décrire la couleur et la consistance de leurs vomissements sur Twitter via des mots-clés... les plus détaillés et précis possibles.
L'hiver dernier, l'équipe de la FSA en charge des réseaux sociaux avait déjà passé au crible les informations livrées librement via les réseaux sociaux par les internautes et notamment les mots-clés employés pour décrire la maladie. Elle avait constaté une corrélation élevée entre des pics de symptômes décrits dans les tweets et l'augmentation des cas de norovirus recensés ensuite en laboratoire durant cette même période. #grippe, #chuck up (vomir), #upset stomach (maux d'estomac), #barf ou #puke (gerber) #retch (avoir la nausée) sont les hashtags qui sont sortis grands vainqueurs de cette foire aux symptômes.
James Baker et ses collègues de la FSA ont également relevé que les pics de mots-clés relatant les symptômes ont parfois été partagés quatre semaines avant que l'Agence de Santé Publique du Royaume-Uni ne s'en fasse l'écho. Dans certains cas, Twitter pourrait donc s'avérer être un lanceur d'alerte de virus pertinent et fiable. Mais attention, la FSA prévient que l'auto-diagnostic est loin d'être infaillible, certaines personnes ayant une propension à exagérer leurs symptômes sur Twitter...
(référence : The Guardian, 11 décembre 2013)