Allaitement maternel : les chiffres s'essoufflent ... (ONE)

En Wallonie et à Bruxelles, huit mères sur dix fréquentant les structures de l'ONE allaitent leur bébé durant les premières heures de sa vie. Mais plus de la moitié d'entre elles abandonnent cette méthode endéans les trois premiers mois. La banque de données de l'ONE révèle également d'importantes disparités régionales : en termes d'allaitement, le Hainaut et le Luxembourg ont pris un retard certain par rapport à la capitale.
83% des mères fréquentant les structures de l'ONE ont, en 2012, opté pour une mise au sein après l'accouchement. Et 80,3% d'entre elles ont poursuivi un allaitement exclusif dans les jours suivant la sortie de la maternité. Voici vingt ans à peine, elles étaient moins de 70% à faire ces choix. " Il faut avant tout attribuer cette hausse spectaculaire à différentes décisions politiques, au travail du Comité fédéral de l'allaitement maternel ", indique le Dr Liliane Gilbert, présidente du collège des pédiatres ONE.
Mais après avoir grimpé de manière nette et permanente au cours des dernières décennies, les chiffres de l'allaitement exclusif semblent toutefois doucement s'essouffler. En 2012, chacun des quatre critères observés (allaitement après l'accouchement, à la sortie de la maternité, à une semaine, à douze semaines) était en effet en recul par rapport aux années 2010 et 2011. La responsable ONE estime d'ailleurs qu'il y a encore moyen " de mieux faire ". " Si on compare nos chiffres avec ceux des pays du Nord, on voit qu'il y a encore de la marge. L'une des choses qui pourrait changer, c'est par exemple l'avis de la presse, féminine notamment. Si elle n'est pas vraiment contre l'allaitement, elle ne le défend pas non plus. Et c'est malheureusement davantage lié à une question de mentalité qu'aux pressions d'éventuels lobbies. "
Autre constat : les chiffres diminuent aussi rapidement que drastiquement. Après 12 semaines de vie, moins de quatre bébés sur dix sont encore nourris au sein. " Les femmes ont pourtant le désir d'allaiter plus longtemps ", assure le Dr Liliane Gilbert. " Mais il y a encore trop d'obstacles pour le leur permettre. "
La Banque de données médico-sociales (BDMS) de l'ONE révèle également que le taux d'allaitement exclusif varie fortement selon les provinces. A trois mois par exemple, le gouffre est immense entre la région bruxelloise (56%) et les provinces du Hainaut et du Luxembourg (32%). " Ces disparités géographiques, on les remarque dans tous les pays : plus on s'éloigne de la capitale, moins on a d'allaitement ", avance la présidente du collège des pédiatres de l'ONE. " C'est culturel surtout, mais c'est aussi à mettre en lien avec le statut socio-économique des jeunes mères et la disponibilité des espaces médicaux. Il y a un indéniable effet de boucle : un médecin arrivera plus facilement à convaincre une jeune mère à Bruxelles qu'au fond du Luxembourg. "
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