Bientôt un traitement contre l'addiction au cannabis ?
Des chercheurs de l'Inserm ont découvert que la prégnénolone, une hormone produite naturellement par le cerveau et qu'on croyait inactive, permet à l'organisme de se défendre contre les effets néfastes du cannabis, en particulier la dépendance.
Pour en arriver là, ils ont administré de fortes doses de tétrahydrocannabinol (THC), le principe actif du cannabis, à des rats et des souris, ce qui a entraîné la suractivation des récepteurs cannabinoïdes CB1 des neurones de leur cerveau et une augmentation de la concentration de la prégnénolone. Précurseur de toutes les hormones stéroïdiennes (cortisol, progestérone, testostérone...), celle-ci s'est alors fixée sur ces mêmes récepteurs cérébraux, ce qui a causé une diminution des principaux effets du THC, soit des déficits cognitifs, des troubles de la mémoire ainsi qu'une perte générale de la motivation.
Les tests réalisés en laboratoire sur des récepteurs CB1 humains ont permis d'obtenir des résultats identiques. Pour favoriser l'absorption de la prégnénolone et ralentir sa métabolisation, les chercheurs ont mis au point des dérivés stables, modifiés de manière à pouvoir être absorbés par l'organisme et ne pas évoluer vers les hormones stéroïdiennes comme c'est normalement le cas.
Les scientifiques espèrent poursuivre leur étude chez l'Homme et entamer les premiers essais cliniques avec les dérivés de l'hormone d'ici un an et demi.
(références: communiqué de presse de l'Inserm, 2 janvier 2014, et Science, 3 janvier 2014, DOI: 10.1126/science.1243985)