L'aspirine : produit miracle ?
Les études sur la prévention de la mortalité grâce à l'aspirine ne manquent pas. Des Irlandais viennent de publier des résultats interpellants à propos de ses effets sur la mortalité par... cancer prostatique !
On connaît le rôle de l'aspirine dans la prévention des pathologies cardiaques. Ses effets chez des patients souffrant de cancer de la prostate ont été étudiés dans quelques études et les mécanismes d'action proposés pour expliquer l'effet anticancéreux impliquent les cyclooxygénases. Les chercheurs irlandais qui publient leur étude dans les Annals of Oncology ont choisi d'examiner les associations existantes entre l'usage d'aspirine avant le diagnostic et la mortalité chez les patients présentant un cancer prostatique localisé. Cette cohorte a été constituée à partir du registre national du cancer d'Irlande et des données de prescription des services médicaux généraux. C'est à partir de là que les chercheurs ont pu déterminer l'utilisation préalable d'aspirine, mais aussi la dose prescrite et la durée du traitement dans l'année précédant le diagnostic de cancer.
En tout, ils ont rassemblé 2936 hommes avec un diagnostic de cancer prostatique de stade I à III entre 2001 et 2006. Parmi eux, 1131 étaient traités par aspirine. La durée médiane du suivi a été de 5,5 ans. Après ajustement, il s'avère que l'aspirine est associée à une réduction de mortalité spécifique par cancer prostatique, mais celle-ci reste non-significative (HR = 0.88, 95% CI 0.67-1.15). Dans l'analyse dose-réponse, il apparaît que plus l'intensité du traitement par aspirine est élevée, plus l'association est forte (HR = 0.73, 95% CI 0.51-1.05). Par ailleurs, chez les patients traités par plus de 75 mg/j d'aspirine, le risque de mortalité diminue de 39% (HR = 0.61, 95% CI 0.37-0.99). Pour les auteurs, ces résultats méritent d'être approfondis.