Risque de diabète, haro sur...
La morbi-mortalité cardiovasculaire a très fortement profité de l'usage des ?-bloquants, des diurétiques et des statines. Des données récentes suggèrent cependant qu'à long terme ces substances pourrait favoriser l'éclosion de diabète et donc ne pas s'avérer si bénéfiques que cela...
Les données de NAVIGATOR, une grande étude randomisée internationale menée en double aveugle et contrôlée versus placebo ont été utilisées pour avoir une idée de l'impact de l'introduction de ces substances sur le risque de conversion en diabète de sujets intolérants au glucose initialement traités par valsartan et/ou natéglinide. Pour mémoire le natéglinide n'avait pas diminué les conversions en diabète de type 2 tandis que le valsartan avait réduit l'incidence des nouveaux cas de diabète de 14%.
L'analyse a porté sur les patients qui, au début de l'étude, ne recevaient ni ?-bloquants, ni diurétiques, ni statines, ni inhibiteurs calciques. Le diagnostic de diabète nouvellement diagnostiqué reposait sur la constatation d'une glycémie à jeun > 1,26 g/l avec confirmation par épreuve d'hyperglycémie provoquée par voie orale endéans les 12 semaines.
Au cours des quelque 5 ans de suivi de l'étude, 915 patients ont commencé à prendre un ?-bloquant (16,2% des patients initialement naïfs), 1.316 ont pris un diurétique (20,7%), 1.353 une statine (22 %) et 1.171 un inhibiteur calcique (18,6 %). Après ajustement, il s'avère que l'utilisation de diurétiques et la prise de statines s'accompagnent effectivement d'une légère augmentation du risque de développer un diabète : hazard ratio 1,23 (IC 95% 1,06-1,44) pour les diurétiques et 1,32 (IC 95% 1,14-1,48) pour les statines.
Ni les ß-bloquants ni les inhibiteurs calciques ne sont en revanche associés avec un risque accru de développer un diabète : hazard ratio respectifs 1,1 (IC 95% 0,92-1,31) et 0,95 (IC 95% 0,79-1,13).