La France autorise pour la première fois un médicament dérivé du cannabis
Un premier médicament à base de cannabis dans les pharmacies françaises ? En pratique oui, mais dans des conditions bien précises et limitées. Et, pour la mise en rayon, ce ne sera pas avant 2015, le temps que la Haute Autorité de Santé valide l'autorisation de mise sur le marché (AMM) que l'Agence nationale de sécurité du médicament vient d'accorder au Sativex, un médicament dérivé du cannabis et administré sous forme de spray buccal.
L'autorisation est restreinte et les conditions de prescription bien encadrées. Ce médicament ne pourra pas être prescrit que pour le traitement de la spasticité dans la sclérose en plaques (SEP). Comme tout stupéfiant, la première ordonnance de Sativex ne pourra se faire qu'à l'hôpital par le neurologue ou le médecin en charge de la rééducation physique, et seulement en deuxième intention. Ce qui veut dire qu'un autre traitement devra avoir été tenté au préalable et s'être montré inopérant. L'ordonnance sera de 28 jours maximum. Elle pourra cependant être renouvelée cinq fois par un généraliste, avant que le patient ne retourne à l'hôpital.
En réalité, la décision prise par la commission d'AMM française était prévisible. Déjà commercialisé dans 22 pays, dont 17 pays en Europe, ce médicament, composé principalement de delta-9-tétrahydrocannabinol et de cannabidiol, avait obtenu, à la mi-octobre 2013, un avis favorable de l'Agence européenne du médicament pour son homologation en France.
Toutefois, l'utilisation thérapeutique du Sativex continue de faire débat. Il est indiqué pour soulager dans certains cas les contractures musculaires sévères chez les patients atteints de SEP mais ce symptôme est difficile à quantifier et les résultats d'efficacité restent encore controversés, en dépit de nombreuses études réalisées.
Enfin, l'une des craintes régulièrement évoquées lorsqu'on parle d'un médicament dérivé d'une substance stupéfiante est le risque de toxicité ou d'addiction. Le fait que le médicament soit fabriqué à partir d'extraits de cannabis et non du produit entier limite cependant le risque de voir un usage détourné du produit.