Stroke around the clock !
Le temps est assassin, dit-on. Dans la prise en charge de l'AVC, chaque minute peut compter, mais le moment de la journée pour la thrombolyse est-il important ? Des spécialistes de l'Europe de l'Est répondent...
Le traitement thrombolytique dans les 4,5 heures suivant l'AVC s'est avéré sûr et efficace. D'autres études ont montré que la thrombolyse réalisée même effectuée 6 heures après l'accident permettait d'obtenir un bénéfice fonctionnel. L'objectif des auteurs était de déterminer si les effets de la thrombolyse variaient en fonction du moment de la journée où elle était pratiquée. Les données ont été collectées à partir d'un registre réunissant plusieurs pays d'Europe de l'Est entre 2000 et 2011. Les AVC ont été classés en 3 catégories : nuit (00 :00-07 :59), jour (08 :00-15 :59) et soirée (16 :00-23 :59).
Au total, 8878 patients ont été enrôlés dans cette étude. Les AVC sont survenus dans 18% des cas la nuit, dans 54% le jour et dans 28% en soirée. La thrombolyse a été réalisée avec 10 minutes de retard la nuit par rapport au jour ou en soirée. Les hémorragies symptomatiques intracérébrales selon la définition ECASS II sont survenues dans 5,6%, 5,6% et 5,3%, sans différence significative entre les moments de la journée. Selon les critères du Safe Implementation of Treatments in Stroke (SITS), cela correspondait à 2,5%, 1,9% et 1,3% (p=0,014). Aucune différence n'est apparue en termes de score sur l'échelle Rankin et la mortalité à trois mois était aussi équivalente entre les 3 groupes.
La conclusion des auteurs est simple : il n'y a donc aucune raison de retarder le traitement thrombolytique en fonction du moment de la journée où survient l'AVC. Selon eux, un effort pourrait même être fait concernant la prise en charge des patients durant la nuit...