Réduire la consommation de viande rouge pour prévenir le cancer colorectal
Le Conseil supérieur de la Santé (CSS) recommande de ne consommer de la viande rouge fraîche ou sous forme de hachis préparés qu'occasionnellement et d'éviter autant que possible les charcuteries à base de viande rouge, a-t-il annoncé mercredi.
Selon ses conclusions, l'incidence du cancer colorectal pourrait en effet diminuer de 10 à 20% si ces recommandations étaient appliquées. Toutefois, la consommation modérée de viande rouge reste une source précieuse de protéines, surtout pour les seniors, tempère le CSS. On entend par "viande rouge" la viande rouge fraîche (principalement de boeuf, porc, mouton ou agneau mais aussi d'autres espèces animales à l'exception des volailles) n'ayant subi d'autre traitement que la réfrigération, congélation et/ou fragmentation pour être mélangée avec d'autres viandes rouges et du sel (par exemple, le hachis).
La "charcuterie à base de viande rouge" est, elle, définie comme étant la viande rouge qui a subi un saumurage (le plus souvent par ajout de nitrite et/ou nitrate) suivi d'un ou plusieurs traitements additionnels pour la conservation. Il s'agit de la plupart des charcuteries, à l'exception des produits préparés exclusivement avec du poulet ou d'autres volailles.
"La charcuterie présente deux fois plus de risques que la viande fraîche en raison de l'azote provenant des nitrites, qui donnent leur couleur à la viande et qui protègent du botulisme. Dans le cas de la viande rouge, c'est le fer de la myoglobine, qui se trouve dans le pigment rouge, qui est en cause. Et la quantité de graisse joue également un rôle", explique le professeur Guy Maghuin-Rogister, du Département des sciences des denrées alimentaires de l'Université de Liège.
La consommation en Belgique de ces viandes rouges et charcuteries à base de viande rouge est élevée. D'après l'étude du CSS, sa moyenne est d'environ 640 g/semaine, soit 1,3 fois supérieure aux recommandations des scientifiques.
Ce chiffre de la consommation moyenne fait quelque peu tiquer le secteur de la viande bovine. "D'après certaines études, cette même moyenne en France est de 370 g/semaine. Or je n'ai pas l'impression que notre régime alimentaire soit fort différent du leur. Néanmoins, nous nous montrons attentifs aux recommandations formulées", assure Benoît Cassart, secrétaire général de la Fédération nationale du Commerce de Bétail et Viandes.
Face à ce constat, le CSS recommande de privilégier la consommation de volaille et de poisson, y compris les poissons gras, et de remplacer, une fois par semaine par exemple, la viande rouge par des alternatives végétales.
En outre, lors de la cuisson et du rôtissage de la viande rouge, il est conseillé d'utiliser des épices et des herbes aromatiques telles que l'ail et le romarin contenant naturellement des antioxydants, de ne pas trop brunir la viande et de laisser les parties les plus brun foncé ou noires sur l'assiette.
D'un point de vue quantitatif, il est indiqué de ne pas dépasser 500 g/semaine pour un individu qui mange de la viande rouge et de consommer peu, voire pas du tout, de charcuteries à base de viande rouge, poursuit le Conseil selon lequel, si les consommateurs respectaient cette limite supérieure, il serait possible d'atteindre une consommation moyenne de viande rouge, au niveau global de la population, n'excédant pas 300 g/semaine/personne.
Outre ces recommandations, la meilleure prévention du cancer colorectal consiste à ne pas s'exposer au tabac, à limiter sa consommation d'alcool, à pratiquer une activité physique suffisante et régulière et à avoir un régime riche en fibres et équilibré, conclut le CSS.