Hépatite C : une révolution thérapeutique est en marche
Dans la lutte contre le tueur silencieux qu'est l'hépatite C, 2014 pourrait être une année charnière. Réunis dans la capitale française, à l'occasion du 7e Paris Hepatitis Congress, les spécialistes mondiaux de la maladie ont annoncé que pour 2015 ils devraient disposer de traitements courts et bien tolérés, susceptibles d'éradiquer l'infection. Un défi considérable pour la communauté médicale car ces nouvelles thérapies contenant uniquement des antiviraux à prise orale modifient les indications, les protocoles et la surveillance.
Depuis plusieurs années, le traitement de référence de l'hépatite C, c'est l'interféron pégylé combiné à la ribavirine, mais il ne permet de guérir globalement que 55% des patients, tous génotypes confondus.
Toutefois, deux nouvelles molécules devraient bientôt obtenir une autorisation de mise sur le marché en 2014, tandis que plus d'une quinzaine d'autres arrivent à la phase finale de leur développement.
Déjà testées avec succès en France par quelques malades, les deux nouvelles molécules, le sofosbuvir de Gilead, dont les résultats de phase III ont été publiés en novembre 2012, et le siméprévir, un inhibiteur de protéase de seconde génération, permettraient de guérir définitivement près de 100% des patients.
Un espoir formidable pour les quelque 170 millions de personnes infectées dans le monde par le virus de l'hépatite C et qui encourent le risque que leur atteinte hépatique évolue vers la cirrhose et/ou le cancer du foie. Mais aussi un bémol : le coût de ces nouveaux médicaments puisque un traitement complet devrait revenir en moyenne entre 80.000 et 90.000 euros, soit deux fois plus qu'actuellement.
(référence : Treatment of hepatitis C: the cure, 14 et 15 janvier 2013)