Pas d'argent pour des maisons médicales " à l'acte "
Nonobstant la création d'initiatives de terrain comme à Libin où une maison médicale à l'acte a été créée sur fonds propres ou presque, il n'y a pas de budget spécifique pour ce genre d'initiatives, malgré leur intérêt évident pour le renforcement de la première ligne. De plus, cette matière dépendra bientôt des entités fédérées. C'est la teneur de la réponse donnée par Laurette Onkelinx à la sénatrice MR Dominique Tilmans.
Est-ce que les diverses mesures visant à renforcer l'attractivité de la médecine générale (Impulseo, 1733, postes de garde, etc.) sont suffisantes pour attirer de jeunes médecins vers la médecine de première ligne ? Dominique Tilmans (MR), très active dans le champ de la santé publique, s'est posée la question au Sénat et l'a posée à la ministre de la Santé publique.
La sénatrice pense à d'autres initiatives comme la création de maisons médicales. Paradoxal pour une libérale ? Pas tout à fait car la maison médicale de Libin lancée en mai 2012 à laquelle elle fait référence est une institution qui fonctionne à l'acte. " Médecins généralistes et paramédicaux ont décidé de s'y associer et de créer une ASBL où les patients payent à l'acte. Ils sont aujourd'hui 26 (médecins, kinés, ergothérapeutes, infirmières, psychologues, logopèdes,...) et travaillent dans une ambiance tellement positive qu'ils n'ont actuellement aucune peine à recruter ; des stagiaires viennent même parfois de très loin pour y travailler. Preuve que c'est un succès, trois-quarts de la population de Saint-Hubert vient s'y faire soigner palliant ainsi l'absence de MG dans la localité. "
La maison médicale n'a reçu aucun subside si ce n'est que ses bâtiments appartiennent à la Commune qui les loue à prix modéré. " C'est donc sur fonds propres que cette ASBL fonctionne depuis un an et demi. La maison médicale n'a pas pu bénéficier d'Impulseo I (les médecins étant déjà établis dans la région), ni d'Impulseo II (trop peu de DMG la première année). "
La maison médicale attend cependant, telle Soeur Anne, un subside de 25.000 euros.Dominique Tilmans demande donc à Laurette Onkelinx " d'analyser ce type de solution " et d'aider, dans l'immédiat, cette maison médicale.
Laurette Onkelinx, dans sa réponse, salue la formule de maison médicale à l'acte mais précise qu'aucun budget ne peut être dégagé pour un soutien spécifique, pas même dans le cadre d'une expérience-pilote. La ministre rappelle également à la sénatrice que la première ligne de soins concernera bientôt les entités fédérées. Sous-entendu : elle ne sera plus compétente.