Trois fois plus de décès prématurés chez les traumatisés crâniens
En plus des principales séquelles connues que sont les troubles cognitifs et plus rarement les troubles moteurs, les victimes de lésions cérébrales traumatiques ont trois fois plus de risque de mourir de façon prématurée.
Établi à l'issue d'une étude menée par des chercheurs britanniques et suédois, ce constat ne réjouira guère Michael Schumacher, si tant est que le champion allemand de Formule 1 puisse sortir de son coma artificiel.
Les scientifiques ont analysé des dossiers médicaux en Suède de 218.300 survivants de lésions cérébrales traumatiques, ainsi que ceux de 150.513 de leurs soeurs et frères, ce qui a permis de prendre en compte des facteurs génétiques dans la mortalité, et enfin ceux d'un groupe témoin de plus de deux millions de personnes.
" Nous avons constaté que les personnes qui ont survécu six mois après une lésion cérébrale courent trois fois plus de risque de mourir prématurément que celles du groupe témoin et 2,6 fois plus que leurs frères ou soeurs ", confirme le Dr Seena Fazel, un des auteurs de l'étude. Et ce dernier de préciser que 50% de ces décès prématurés sont soit dus à un autre accident, soit à un suicide.
De plus, 61% des traumatisés crâniens souffraient de troubles psychiatriques ou de toxicomanie pouvant expliquer les décès prématurés.
Ces résultats plaident pour traiter les survivants de lésions cérébrales traumatiques comme des patients atteints d'une maladie chronique.
(référence : JAMA Psychiatry, 15 janvier 2014, doi:10.1001/jamapsychiatry.2013.3935)