Le Bisphénol A peut nuire à la santé, juge l'Efsa
L'exposition au Bisphénol A (BPA) peut être nocive pour l'être humain, affectant notamment foie, reins et glande mammaire, et les seuils tolérés pour l'exposition devraient être divisés par dix, a averti vendredi l'Autorité européenne pour la sécurité des aliments (Efsa).
"Nos experts ont identifié des dangers pour la santé associés à l'exposition au BPA", qui est "susceptible d'avoir des effets défavorables sur les reins et le foie, ainsi que des effets sur la glande mammaire", a annoncé l'Efsa dans un rapport intermédiaire, précédant l'avis final qu'elle doit rendre en mars sur le BPA.
Les "effets possibles du BPA sur les systèmes reproductif, nerveux, immunitaire, métabolique et cardiovasculaire, ainsi que sur le développement de cancers (...) pourraient constituer une préoccupation potentielle pour la santé humaine", bien qu'un "lien entre le BPA et ces autres effets soit actuellement considéré comme improbable", juge aussi l'Agence.
Les experts recommandent en conséquence que "la dose journalière tolérable (DJT) pour le BPA soit abaissée, de son niveau actuel de 50 microgrammes par kg de poids corporel par jour à 5 microgrammes par kg par jour". Ce seuil serait "établi sur une base provisoire". L'Efsa précise que "le risque sanitaire pour tous les groupes de population est faible, y compris pour les foetus, nourrissons et jeunes enfants", au vu des niveaux réels d'exposition des consommateurs à cette substance chimique, présente dans de nombreux contenants alimentaires.
La Commission européenne a indiqué qu'elle décidera en mai "si oui ou non il y a besoin de modifier la législation, à priori avec une réevaluation des seuils". L'Efsa "s'est enfin résolu à prendre en compte au moins une partie de la littérature académique" pointant les dangers du Bisphénal A "mais elle s'arrête à mi-chemin, en appliquant le principe de précaution en faveur de l'industrie au lieu de le faire en faveur des citoyens", a pour sa part commenté Yannick Vicaire, du Réseau Environnement Santé de veille sanitaire.
L'Agence avait lancé cette remise à jour de ses données sur le BPA en mars 2012, sur fond d'inquiétude croissante des consommateurs et des autorités nationales envers cette substance, suspectée d'être un perturbateur endocrinien. Le BPA, également présent dans les tickets de caisse électronique, a ainsi été interdit dans les biberons depuis janvier 2011 dans l'UE.