Bisphénol A, mauvais aussi pour la prostate humaine
Le bisphénol A (BPA) est à ce point présent dans notre environnement qu'il est quasiment impossible d'éviter d'y être exposé. Or l'exposition à ce perturbateur hormonal (c'est un oestrogénomimétique), n'est pas sans risque potentiel. Cela a été démontré en matière de cancer de la prostate chez la souris et il semble bien qu'il en soit de même pour l'homme. Exposé des faits.
Pour imiter une exposition au BPA pendant le développement embryonnaire, les investigateurs ont implantés des cellules souches prostatiques humaines provenant de jeunes adultes décédés chez des souris. Une partie de ces cellules souches avaient été exposées au BPA in vitro, l'autre partie non.
Au cours des deux semaines suivant l'implantation, du BPA a été ajouté à l'alimentation des souris (exposition in vivo) à des doses permettant d'obtenir des concentrations sériques équivalentes aux concentrations couramment observées chez les femmes enceintes américaines. Après 1 mois des oestrogènes ont été administrés à ces souris de façon à imiter l'augmentation naturelle de ces hormones constatée avec l'avancée en âge et qui l'un des facteurs liés au développement du cancer de la prostate.
Après deux à quatre mois, des lésions précancéreuses ou cancéreuses ont été mises en évidence sur 33 à 36% des échantillons provenant de souris exposées in vivo au BPA versus sur 13% des échantillons issus de souris contrôles (p < 0,05). En cas d'exposition au BPA in vitro puis in vivo 45% des échantillons présentaient des lésions précancéreuses ou cancéreuses (p < 0,01).
A quand l'interdiction complète du BPA dans tous les conditionnements alimentaires et non pas seulement les biberons ?