La suppression androgénique totale sur la sellette
La suppression androgénique totale est un élément essentiel dans la quête d'une absence de prolifération et d'une survie optimale en cas de cancer de la prostate. Cette suppression se fait habituellement en combinant un agoniste LH-RH et un antiandrogène, mais est-ce suffisant ?
Une réponse est apportée par une équipe de Seattle qui a testé de façon randomisée d'autres approches chez 35 patients pendant 3 mois avant la prostatectomie. Il s'agissait de sujets ayant un cancer cliniquement localisé à risque intermédiaire/élevé. Selon la randomisation ces patients ont reçu :
? goséréline + dutastéride,
? bicalutamide + dutastéride,
? bicalutamide + dutastéride + kétoconazole.
Des patients recevant agoniste LH-RH + bicalutamide ont servi de contrôle.
Les taux de dihydrotestostérone prostatique (critère principal) étaient significativement moindres dans tous les bras intervention que chez les contrôles (0,02 à 0,04 versus 0,92 ng/g ; p < 0,001) et les concentrations sériques les plus basses de testostérone, d'androstérone et de DHEA ont été constatées dans le bras trithérapie.
C'est également dans ce bras qu'il y a le plus de réponses pathologiques complètes et de réponses partielles tumeur résiduelle ? 0,2 cm³.
Aussi complète soit-elle, la suppression androgénique n'interfère cependant que de façon modérée avec les voies de signalisation impliquées dans l'activation des récepteurs androgéniques dans les zones cancéreuses alors que ces voies sont totalement inhibées dans les zones indemnes.