De l'ecstasy pour traiter les troubles anxieux ?
Après un dérivé du cannabis destiné à soulager les malades de la sclérose en plaques, voilà qu'il est question d'une autre drogue qui pourrait être " détournée " à des fins thérapeutiques pour traiter des patients qui souffrent d'anxiété et ceux qui sont atteints de syndrome de stress post-traumatique ( SSPT).
Des chercheurs de l'Imperial College de Londres ont observé par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) avant et après la prise de la drogue ou d'un placebo, comment la MDMA, principe actif de l'ecstasy, agit sur le cerveau. Pour cette étude, 25 volontaires au repos étaient invités à se rappeler leurs souvenirs, les meilleurs comme les pires. L'expérience montre qu'après MDMA et vs placebo, les participants évaluent de manière bien moins négative leurs pires souvenirs.
Cette évaluation se traduit par l'activation des différentes zones du cerveau : la MDMA diminue l'activité dans le système limbique, un ensemble de structures cérébrales impliquées dans le plaisir et les réponses émotionnelles et diminue les connexions entre le lobe temporal médial et le cortex préfrontal médian impliqué dans le contrôle des émotions. En revanche, elle augmente la communication entre l'amygdale et l'hippocampe.
Des effets inverses à ceux constatés dans certains troubles anxieux et le SSPT, ce qui fait dire aux auteurs que, pour ces affections, des utilisations cliniques de la MDMA sont envisageables. Elle pourrait aider les patients à revoir leurs expériences traumatisantes durant leur psychothérapie, sans être pour autant submergés d'émotions négatives.
(référence : Biological Psychiatry, 13 janvier 2014, 2014 DOI: org/10.1016/j.biopsych.2013.12.015)