Travailler de nuit engendre des dégâts génétiques
Non contents de perturber notre sommeil, le décalage horaire et le travail de nuit provoquent aussi des ravages au plus profond de notre ADN.
Pour établir ce constat, les chercheurs britanniques de l'Université du Surrey ont exposé, en centre du sommeil, 22 volontaires, hommes et femmes en bonne santé, à une journée de 28 heures, en retardant ainsi l'heure du coucher de quatre heures. Ils ont procédé de la sorte pendant trois jours de suite, jusqu'à un décalage maximal de 12 heures.
Des tests sanguins ont ensuite montré que ce décalage conduit à une division par six de l'expression de certains gènes calés sur le rythme circadien. Un tel résultat suggère que l'expression des gènes en question a fortement été modifiée au cours du cycle de 24 heures, tout comme la production de protéines à l'intérieur des cellules sanguines.
" Nous avons été surpris de voir que les premiers effets se font ressentir aussi rapidement, ce qui nous porte à croire qu'après plusieurs semaines à ce rythme, c'est à un véritable chaos génétique que l'on doit assister ", considère le Dr Simon Archer, qui a dirigé cette étude.
Un sommeil irrégulier, tout comme le manque ou la privation de sommeil, altère donc l'expression des gènes et des rythmes circadiens, ce qui pourrait expliquer le risque accru de certaines maladies chroniques comme le diabète et le cancer du sein, évoqué lors de précédents travaux.
(référence : PNAS, 18 décembre 2013, doi: 10.1073/pnas.1316335111)