L'hypertension serait-elle un facteur de risque pour les fractures ostéoporotiques ?
De façon générale, les patients hypertendus ont tendance à faire plus de fractures ostéoporotiques que les normotendus. Il paraît plausible que cette majoration du risque soit liée à la densité minérale osseuse. Encore fallait-il le prouver ...
Cette étude a inclus 1032 hommes (21% d'hypertendus) et 1701 femmes (25% d'hypertendus) d'environ 50 ans et plus qui ont participé à la "Dubbo Osteoporosis Epidemiology Study". Des mesures de DMO ont été pratiquées au col fémoral et au rachis lombaire, corrélées avec la présence ou l'absence d'une hypertension, sur base d'une interview et du dossier médical. Pendant la même période (entre 1989 et 2008), l'incidence des fractures a été recensée. Les résultats montrent que les femmes hypertendues ont des DMO plus basses au col fémoral que les femmes normotendues (0,79 versus 0,82 g/cm², p = 0,02). Après ajustement pour les variables (poids corporel, tabagisme, sédentarité, antécédents de fractures, maladies cardiovasculaires, etc.), l'hypertension apparaît comme un facteur de risque indépendant de fractures de fragilité (HR = 1,49; CI 95% 1,13-1,96). Chez les hommes, l'hypertension est associée à une DMO élevée au col fémoral, mais l'association entre l'hypertension et le risque fracturaire n'est pas statistiquement significative.
Seules les femmes sont à risque
Pour l'auteur, la conclusion est que seules les femmes hypertendues seraient à risque accru de fractures avec un lien qui est indépendant de la densité minérale osseuse.