Les AINS protègent-ils contre la perte osseuse ?
Dans cette cohorte de patients souffrant de lombalgies inflammatoires, traités par des anti-TNF (30%), un tiers présente une perte osseuse faible mais significative à 2 ans. La prise d'anti-inflammatoires non stéroïdiens et un indice de masse corporelle élevé auraient un effet protecteur de la perte osseuse à la hanche.
Le risque existe pour les patients souffrant de lombalgies inflammatoires d'évoluer vers une spondylo-arthropathie axiale. La cohorte DESIR lancée en 2007 a servi de base pour évaluer les variations de la densité minérale osseuse à 2 ans chez 265 patients (54% d'hommes) présentant des lombalgies inflammatoires récentes. A l'inclusion, 70,6% des patients consomment des AINS, 14,7% ont une DMO basse (Z-score = - 2 en au moins un site). La perte osseuse est définie par une diminution de la DMO ? 0.03 g/cm², à au moins un site. A 2 ans, 35,8% des patients ont une perte osseuse (22% au rachis ou 18% à la hanche). En analyse multivariée, la perte osseuse lombaire est associée à l'âge (OR = 1,06, p = 0,017). La prise d'AINS à l'inclusion a un effet protecteur sur la perte osseuse à la hanche à 2 ans (p = 0,002). A noter que chez les patients non traités par anti-TNF, la prise d'AINS à l'inclusion (p=0,006) et l'augmentation de l'IMC à 2 ans (OR = 0,55, p = 0,003) ont un effet protecteur de perte osseuse à la hanche. Les paramètres de l'inflammation ne sont pas associés à la perte osseuse.
Conclusion
Au sein de cette cohorte de patients avec des lombalgies inflammatoires récentes, la perte osseuse est faible mais significative à deux ans chez 35 % des patients. L'utilisation des AINS a un effet protecteur chez ces patients, qu'ils soient ou non traités par anti-TNF.