Supplémentation en vitamine D - efficacité dans la prévention des maladies non squelettiques
L'étude du Pr Philippe Autier (Lyon) arrive à la conclusion qu'il n'est pas utile de doser la vitamine D dans l'ensemble de la population ni de supplémenter tout azimut. Les recommandations actuelles de supplémentation chez les enfants et les personnes âgées restent d'actualité.
Sur une décennie, la vitamine D est passée du statut de petite vitamine nécessaire à l'absorption du calcium et donc utile dans la croissance osseuse et la composition musculaire, au statut de vitamine mère de toutes les vertus, capable de prévenir les maladies cardiovasculaires, les cancers, la maladie d'Alzheimer ou encore la sclérose en plaques. Des dizaines d'études épidémiologiques ont fait le lien entre des pathologies non squelettiques et un déficit en vitamine D, qui de surcroît semble toucher près de 60% de la population mondiale, y compris dans les régions favorisées par l'ensoleillement. Cette méga méta-analyse a inclus 290 études prospectives, liant le dosage à diverses pathologies et 172 études d'intervention liant la supplémentation en vitamine D à un effet donné. Les premières ont clairement démontré un lien entre une carence en vitamine D et une étiopathogenèse, les secondes ont clairement échoué à montrer que la supplémentation avait un effet protecteur.
Un seuil discutable ?
L'étude pointe du doigt le seuil minimal à partir duquel quelqu'un est considéré en déficit (75 nmol/l ou 30 ng/l), établi par un Collège d'experts américains sans aucune base scientifique. Moins de 30 minutes d'exposition quotidienne à la lumière extérieure suffirait pour synthétiser un taux physiologique acceptable de vitamine D, à moduler selon la couleur de la peau et la latitude. L'auteur conclut que le dosage en vitamine D de l'ensemble de la population n'est absolument pas recommandé, du fait aussi de la variabilité des résultats inter-laboratoires, et que les recommandations actuelles en matière de supplémentation chez les jeunes et les personnes âgées ou à risque d'ostéoporose, ne devraient pas être modifiées.