Ophtalmologie et oncologie : files d'attente
La sénatrice Dominique Tilmans (MR) croit savoir qu'il faut compter deux mois pour une consultation privée chez un ophtalmologue et entre deux et cinq mois d'attente pour un rendez-vous dans un service hospitalier d'ophtalmologie. Elle a déposé une demande d'explication auprès de la ministre de la Santé publique mais celle-ci ne dispose pas de chiffres sur les files d'attente. Un problème complexe aux causes multifactorielles...
Dominique Tilmans soulève un paradoxe : selon des données récentes, on recense en Belgique 1.149 ophtalmologues (septième spécialité médicale en nombre) mais il faut entre deux et cinq mois pour obtenir un rendez-vous dans un service d'ophtalmologie en hôpital. En ambulatoire, le patient devra attendre deux mois. Si bien que " nombreux sont ceux qui renoncent à consulter ".
En oncologie, ce serait pire. Mais davantage explicable. Car on ne dénombre que 201 oncologues médicaux dans notre pays et 229 spécialistes en radiothérapie oncologique alors qu'on dépasse les 60.000 cas de cancers diagnostiqués chaque année.
Dans sa réponse, Laurette Onkelinx explique qu'il n'existe pas de données statistiques sur le sujet des délais d'attente étant donné que la pratique médicale privée ne permet de récolter la date des rendez-vous. " Il n'y a pas d'homogénéité dans l'organisation des secrétariats de médecins ", précise la ministre. De plus, la problématique des délais d'attente est multifactorielle. " Ces facteurs sont trop nombreux et interdépendants pour pouvoir tirer des conclusions généralisables sur le type de spécialité, la position géographique, la démographie médicale. " Plus pertinent serait de juger de la légitimité d'un délai d'attente : quel délai est préjudiciable à la santé publique ? Sans oublier de tenir compte des urgences pour lesquelles, en principe, ces médecins prévoient des plages horaires dans leur agenda très chargé. En privé, la charge de travail est très différente de celle qui existe en hôpital...
En outre, précise Laurette Onkelinx, on ne connaitra pas le taux d'activité des ophtalmologues avant 2015.
Concernant l'oncologie, la ministre rappelle que de nombreux médecins ont la double casquette en oncologie et en pédiatrie, neurochirurgie, dermatologie, gynécologie, urologie, stomatologie, etc. La procédure pour leur reconnaitre compétence particulière en oncologie est, comme on le sait, en bonne marche.
Enfin, " aucun signe n'indique un risque de pénurie parmi les radiothérapeutes-oncologues " et la radiothérapie est loin d'être le seul traitement anti-cancer.