En ortho aussi, la fuite des cerveaux des hôpitaux académiques
Il y a peu, les hôpitaux académiques lançaient un " cri d'appel ", dénonçant un sous-financement de plus en plus prononcé. Hier, plusieurs quotidiens flamands relayaient l'exode d'un nombre croissant de médecins de renom des hôpitaux académiques vers des hôpitaux de province et prenaient l'exemple du chirurgien orthopédiste Johan Bellemans qui a migré de l'UZ Leuven vers le ZOL à Genk.
Le phénomène n'est pas encore véritablement quantifié en Wallonie mais en Flandre, indiquaient hier les quotidiens flamands De Standaard et Het Nieuwsblad, de plus en plus de médecins occupant de hautes fonctions désertent les hôpitaux académiques. Johan Bellemans, par exemple, qui a récemment secoué la communauté scientifique, en découvrant (encore pour la renommée de l'hôpital de la KU Leuven) une partie de genou encore inconnue jusque là et qui dirigea l'équipe médicale aux Jeux de Péking et de Londres, a rejoint un hôpital régional à Genk.
Voici là un exemple du malaise grandissant au sein des hôpitaux académiques que ceux-ci dénonçaient dans la presse en décembre dernier. Le sous-financement auquel ils doivent faire face a des conséquences directes sur les possibilités de recherche, d'enseignement, mais aussi sur les conditions salariales qu'ils sont en mesure d'offrir à leurs médecins, pour la plupart salariés.
Dans la presse flamande, hier, Johan Bellemans évoquait notamment le fait que la médecine de pointe se trouve aujourd'hui mieux défendue dans les hôpitaux régionaux dans lesquels d'ailleurs l'industrie médicale investit davantage. " Les hôpitaux universitaires sont devenus des culs-de-sac pour professeurs grisonnants ", expliquait-t-il au Standaard. Et il n'est pas le seul dans sa discipline puisque son confrère le plus proche, également orthopédiste, a, quant à lui, rejoint l'hôpital de Herentals.
Le cas de l'UZ Leuven n'est certainement pas isolé. De Standaard notait également que la situation est également " dramatique " à l'UZA et l'UZ Brussel et que les arguments pécuniaires et logistiques ne sont certainement pas étrangers à la fuite des cerveaux vers les hôpitaux périphériques.