De la vitamine D, mais combien ? - BBC Symposium
Même chez nos jeunes compatriotes, le taux de vitamine D tend à diminuer au cours des mois d'hiver - une carence qui peut heureusement être compensée en toute sécurité par l'administration d'une dose mensuelle (50.000 UI).
La carence en vitamine D est un problème qui se rencontre un peu partout dans le monde. Dans l'exposé qu'il a présenté lors du dernier Clinical Update Symposium du Belgian Bone Club à Bruxelles, le Pr Etienne Cavalier (CHU Sart Tilman, ULg) a soulevé un débat qui fait rage de longue date dans le petit monde de l'ostéoporose : quel taux sérique de vitamine D est-il utile d'atteindre - et, surtout, quand peut-on parler de valeurs normales ou au contraire de carence ?
D'après plusieurs études, le taux optimal se situerait autour de 30 à 40 ng/mL ; une valeur inférieure à 30 ng/mL s'accompagnerait d'un risque accru d'ostéoporose. Les recommandations existantes se contredisent toutefois sur ce point : un récent rapport de l'Institute of Medicine considère par exemple un taux de 20 ng/mL comme largement satisfaisant, tandis que l'Endocrine Society y voit le seuil de la carence, une valeur de 20 à 30 ng/mL étant déjà qualifiée d' " insuffisante ".
Dans une étude publiée récemment, l'équipe du Pr Cavalier a examiné la prévalence de la carence en vitamine D dans une population de jeunes adultes belges (étudiants) au cours de la période de novembre 2010 à mai 2011. La moitié des sujets ont reçu une dose de 50.000 UI de vitamine D3 toutes les quatre semaines, les autres un placebo.
Dans le groupe placebo, le taux de vitamine D est tombé de 22,8 ± 8,5 ng/mL au début de l'étude à 14,0 ± 6,9 ng/mL après trois mois (p < 0,001). Après six mois, il était toutefois revenu à son niveau initial (23,5 ± 8,6 ng/mL).
Chez les patients traités par vitamine D, ces valeurs sont passées de 21,2 ± 8,2 ng/mL au début de l'étude à 30,6 ± 8,8 ng/mL (p < 0,001) après 3 mois et 36,0 ± 9,2 ng/mL (p < 0,001) après 6 mois. Les taux de calcium ne différaient toutefois pas entre les deux groupes.
Ces chiffres trahissent donc une baisse très nette des taux de vitamine D au cours des mois d'hiver, qu'il est néanmoins possible de compenser en toute sécurité par une supplémentation mensuelle (à la dose de 50.000 UI).