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Suppléments de calcium : aucune preuve décisive d'effets secondaires cardiovasculaires - BBC Symposium

Les données collectées au cours de ces dernières années sont contradictoires concernant les éventuels effets secondaires cardiovasculaires des suppléments de calcium.

29 janvier 2014

À l'occasion du Clinical Update Symposium du Belgian Bone Club à Bruxelles, le professeur Pierre Bergmann (ULB) a présenté un exposé concernant les risques cardiovasculaires pouvant être associés à la prise de suppléments de calcium.

Après un passage en revue des avantages et des inconvénients de la prise de calcium dans le traitement de l'ostéoporose, le professeur Bergmann s'est attardé sur les effets secondaires cardiovasculaires qui sont mentionnés au cours de différentes études.

Les études de Bolland et al (2008 et 2011) ont révélé une augmentation de 24 % du risque d'infarctus du myocarde et une augmentation de 15 % du risque combiné d'infarctus du myocarde et d'accident vasculaire cérébral. Néanmoins, les critiques à l'égard de ces études étaient que les risques cardiovasculaires ne constituaient pas le critère d'évaluation primaire, que la prise de Ca2+ concernait une quantité beaucoup plus élevée que la dose recommandée et que les données ont fait l'objet de multiples tests, ce qui augmente le risque d'erreurs statistiques. Bien évidemment, l'existence d'un lien entre la prise de Ca2+ et la survenue d'effets secondaires cardiovasculaires n'est certes pas à exclure. En effet, le calcium peut avoir un impact sur la formation de caillots et il peut favoriser l'artériosclérose, l'insuffisance rénale et les calcifications vasculaires.

Au cours d'une étude observationnelle, Pentti et al ont également constaté que les femmes ménopausées prenant des suppléments de calcium, en association ou non avec de la vitamine D, présentaient un risque plus élevé (RR 1,26 ; IC à 95% : 1,01-1,57) de cardiopathies coronaires (Maturas, 2009).

Les résultats récemment publiés de l'étude CAIFOS (Lewis et al, 2013), une étude contrôlée randomisée, ont néanmoins révélé un autre tableau. En effet, aucune augmentation du risque cardiovasculaire n'a été constatée et les résultats ont même suggéré l'existence d'un risque réduit en cas de prise de suppléments de calcium.

Les données actuellement disponibles peuvent donc sans crainte être qualifiées de contradictoires. Une étude contrôlée randomisée de grande envergure pourrait offrir un avis plus tranché de la situation, mais ce type d'étude n'est pas indiqué pour des raisons éthiques et économiques.

En attendant d'en savoir plus, le professeur Bergmann plaide en faveur de la prise d'une quantité raisonnable et non excessive de calcium, c.-à-d. environ 1 200 mg par jour, en plus du calcium fourni par l'alimentation. De plus, selon lui, la prise de calcium n'est pas nécessaire et peut même s'avérer nuisible. D'après lui, les suppléments de calcium ne sont réellement nécessaires que chez les femmes dont la prise alimentaire de calcium est insuffisante.

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