Courbe en J, il n'y a pas que dans l'hypertension artérielle
Contrairement à ce qu'avaient suggéré de précédentes études, il ne semble pas que le fait d'être en surpoids ou obèse confère un moindre risque de décès aux diabétiques de type 2, ce que l'on avait baptisé paradoxe de l'obésité.
Tous les hypertensiologues le savent, en termes de santé cardiovasculaire, il existe un niveau optimal de pression artérielle au-delà et en deça duquel le risque d'accidents, en particulier coronariens, augmente.
Pour vérifier la véracité du concept de paradoxe de l'obésité, des épidémiologistes de Harvard se sont penchés sur la mortalité des participants de la Nurses' Health Study et de la Health Professionals Follow-up Study qui ne présentaient ni maladie cardiovasculaire ni cancer au moment du diagnostic de diabète.
Au total 3 083 décès ont été documentés sur un suivi moyen de 15.8 années. Et non seulement il n'est pas retrouvé de paradoxe de l'obésité, mais on trouve au contraire une courbe en J en fonction des catégories d'IMC.
En prenant les IMC compris entre 22,5 et 24,9 comme référence, on retrouve une mortalité globale plus importante pour les IMC compris entre 18,5 et 22,4 le risque relatif (RR) étant de 1,29 (IC 95 % 1,05-1,59), mais également pour tous les IMC ? 25 :
de 25 à 27,4 RR 1,12 (0,98-1,29) de 27,5 à 29.9 RR 1,09 (0,94-1,26) de 30 à 34,9 RR 1.24 (1,08-1,42) 35 et plus RR 1,33 (1,14-1,55)
La relation est linéaire chez les participants n'ayant jamais fumé (RR selon la catégorie d'IMC: 1,12 ; référence ; 1,16 ; 1,21 ; 1,36 ; 1,56) mais pas chez les fumeurs et ex fumeurs (1,32, référence, 1,09 ; 1,04 ; 1,14 ; 1,21).
La conclusion qui s'impose est qu'il n'y a pas de paradoxe de l'obésité chez les diabétiques et qu'il existe pour eux aussi une notion de poids optimal qu'il vaut mieux atteindre et conserver.