Alzheimer : ITPKB ne déclenche pas la maladie mais l'aggrave
En 2006, le Pr Stéphane Schurmans (ULg), expert de la fonction de l'enzyme ITPKB et des souris knock-out, propose au Pr Jean-Pierre Brion (ULB), spécialiste de la maladie d'Alzheimer, d'approfondir la question du rôle d'ITPKB dans cette pathologie. Il venait de prendre connaissance des résultats d'une équipe suédoise montrant la présence d'une quantité particulièrement élevée d'ARN messager du gène ITPKB au niveau des tissus prélevés chez des patients atteints d'Alzheimer.
Grâce aux échantillons qu'ils ont obtenus, les deux scientifiques ont découvert que la protéine ITPKB était elle aussi présente en quantité anormalement élevée dans le cortex de la plupart des victimes d'Alzheimer. Puis ils ont démontré que l'enzyme se localise dans le prolongement des neurones qui entourent les plaques amyloïdes dont la formation est un des signes caractéristiques de la maladie.
Poursuivant leurs recherches sur des modèles murins, ils ont constaté, chez des souris normales, que la surexpression de ITPKB dans l'hippocampe et le cortex cérébral n'était pas suffisante pour induire seule la maladie. Par contre, chez des souris génétiquement modifiées pour développer l'Alzheimer, cette surexpression a déclenché une plus grande production de peptides amyloïdes à l'origine des plaques et une hyperphosphorylation de la protéine tau, et par conséquent une aggravation de la maladie. Chez ces mêmes souris, une fois l'enzyme IPTKB mutée et rendue inactive, la maladie ne s'est plus aggravée.
Ces recherches ouvrent la voie à de nouvelles investigations prometteuses, entre autres sur les possibles effets inhibiteurs d'ITPKB.
(référence : Brain, 8 janvier 2014, doi : 10.1093/brain/awt344)