Prématurés : les vertus durables du " peau à peau "
Expérimentée dans les années 1970 en Colombie, où les couveuses faisaient cruellement défaut, la méthode du " kangourou care " ou " peau à peau " s'est progressivement imposée dans les pays occidentaux.
Cette pratique, désormais courante dans les services de néonatologie, a fait ses preuves. Le contact charnel quotidien entre la mère et son bébé prématuré non seulement diminue l'anxiété maternelle et augmente la production de lait, mais il réduit aussi le risque d'apnées et de bradycardies chez l'enfant, tout en stabilisant son sommeil et sa température corporelle.
Une étude israélienne révèle à présent que les vertus de la méthode perdurent dans le temps, bien au-delà de la période postnatale. Les chercheurs de l'Université Bar Ilan ont analysé l'évolution de 146 grands prématurés. La moitié a bénéficié d'un " peau à peau " une heure par jour, pendant deux semaines, tandis que l'autre moitié a reçu les soins traditionnels en incubateur. Tous les enfants ont été examinés sept fois au cours des dix premières années de leur vie.
A l'issue de six mois, les scientifiques ont constaté que les mères du groupe " kangourou " étaient plus sensibles aux besoins de leur bébé et manifestaient un comportement plus maternel. Au bout de dix ans, leurs enfants présentaient de meilleures capacités d'apprentissage et de réalisation de taches complexes, telles que lire ou écrire, un sommeil mieux organisé, un fonctionnement plus mature du système nerveux autonome, et une meilleure réponse au stress.
(référence : Biological Psychiatry, 1er janvier 2014 doi:10.1016/j.biopsych.2013.08.012)