Le CSS appelle à une meilleure prise en charge des jeunes autistes

Partant du constat que la prévalence de l'autisme a augmenté (on estime actuellement qu'un enfant sur 150 naissances est atteint d'un Trouble du Spectre de l'Autisme) et que ce trouble a un impact important sur toute la famille de la personne concernée, le Conseil Supérieur de la Santé a établi un état des lieux des structures belges existantes en la matière et des pratiques recommandées par la recherche scientifique internationale.
Les recommandations issues de ce travail, présentées à la presse, pointent d'évidents manquements en termes de formation des professionnels, de collaboration entre structures et d'implication des parents.
"Les bonnes pratiques ne sont pas assez connues et utilisées chez nous", résume Ghislain Magerotte, président du Groupe de travail auteur de l'étude. Les recommandations finales, qui visent à améliorer la qualité de vie des autistes belges de moins de 6 ans et de leur famille, insistent d'abord sur l'importance d'un diagnostic précoce. "Sans nom (posé sur le trouble de l'enfant), les parents sont perdus", explique Ghislain Magerotte. Le CSS préconise notamment "que les professionnels de l'enfance soient mieux formés aux signes d'alerte".
Quant à la prise en charge en elle-même, "les institutions (...) ne connaissent pas toujours suffisamment les pratiques les plus 'evidence based'", note le rapport, qui observe par ailleurs que "le système actuel manque surtout de services pour l'accompagnement des familles et l'intervention à domicile, et de coordination et de collaboration entre les différents niveaux de pouvoir et les secteurs".
Le CSS, qui n'a aucun pouvoir de mise en oeuvre de ces recommandations, a demandé au KCE (Centre fédéral d'expertise des soins de santé) d'établir un guide des bonnes pratiques cliniques, et espère interpeller les administrations et les professionnels.