En direct de l'ASCO GU : enzalutamide, gagnant sur toute la ligne
L'ASCO GU (San Francisco) aura déjà été riche en évènements au cours de cette première journée, mais ce qui a retenu l'attention est sans conteste l'étude PREVAIL, dans laquelle la Belgique a joué un rôle-clé puisque le Pr Bertrand Tombal (Clin. Univ. St-Luc-UCL, Bruxelles) en est le premier investigateur européen.
PREVAIL, présentée par Tomasz Beer (Portland, OR, USA), est une étude de phase 3, comparant le traitement par enzalutamide (160 mg p.o.), un antagoniste du récepteur aux androgènes versus placebo. Les participants étaient atteints d'un cancer prostatique métastatique résistant à la castration (mCRPC) et n'avaient pas été traités par chimiothérapie préalablement. L'étude a rassemblé 1.717 patients qui ont été randomisés pour moitié dans chaque bras de traitement. Rappelons que l'étude a été arrêtée prématurément en octobre dernier, car l'analyse intérimaire a montré un bénéfice trop important pour les patients appartenant au bras traité. Tous les patients ont donc reçu à partir de ce moment la molécule active. L'objectif primaire était l'évaluation de la survie globale et de la survie sans progression.
Le suivi médian pour la survie globale a été de 22,2 mois pour le bras enzalutamide et de 22,4 mois pour le placebo. Les résultats laissent peu de place au doute : la survie sans progression radiographique et les décès sont réduits de 81% pour le groupe traité par rapport au placebo (HR=0,186 ; CI95% : 0,15-0,23 ; p<0,0001). Dans le groupe traité, la médiane de survie sans progression radiographique n'a pas été atteinte.
Le risque de décès, lui seul, est réduit de 29% pour le groupe enzalutamide (HR=0,706 ; CI 95%: 0,60-0,84 ; p<0,0001). Le délai médian de progression du PSA passe de 2,8 mois sous placebo à 11,2 mois (HR=0,169 ; p<0,0001). Enfin, et c'est peut-être le plus important pour les patients et pour les cliniciens, le recours à la chimiothérapie est retardé de 17 mois dans le bras traité par rapport au placebo (HR=0,35 ; CI 95% : 0,30-0,40 ; p<0,0001).
Enfin, les effets secondaires sont pratiquement identiques dans les deux groupes, sauf en ce qui concerne l'hypertension. La majorité des effets secondaires était de grades 2 ou 1. L'étude ne montre pas de risque supplémentaire de convulsions.
L'enzalutamide représente donc un traitement de choix, déjà enregistré et remboursé chez nous, mais en post-chimiothérapie. PREVAIL démontre l'intérêt de la molécule avant le traitement chimiothérapeutique...