Les médecins légistes rappellent les problèmes d'économies et de paiement qui les touchent

Les médecins légistes ont fait savoir jeudi -via l'intervention de l'un des leurs devant la cour d'assises de Flandre occidentale- que la ministre de la Justice Annemie Turtelboom n'a pas encore entrepris de démarche afin de rencontrer leurs griefs concernant les soucis de paiement et les mesures d'économie. Le médecin légiste qui s'est exprimé à Bruges vendredi a demandé à être enfin payé pour le travail effectué dans l'enquête sur un assassinat.
La problématique n'est pas neuve. Il y a environ un an, un plaidoyer pour une réforme urgente s'est tenu lors d'un colloque de la Société royale de médecine légale de Belgique (SRMLB). Cette initiative a été suivie par une lettre ouverte envoyée en aout par cinq médecins légistes à la ministre de la Justice, une missive dans laquelle sont détaillés les problèmes de salaires trop bas, de factures en souffrance et de mesures d'économie supplémentaires.
Six mois plus tard, les griefs sont les mêmes. "La ministre n'a encore rien entrepris", affirme le Dr Wim Develter (UZ Louvain), secrétaire de la SRMLB.
Wim Van de Voorde, chef du service de médecine légale à l'UZ Louvain et président de la SRMLB, confirme. La ministre "ne veut pas prendre la question en considération" et ne marque de l'intérêt que pour "des mesures d'économie aveugles et un show des bonnes nouvelles". "Le département de la Justice nous est redevable d'une centaine de milliers d'euros rien que pour la période 2008-2013".
Invité à réagir, le cabinet de la ministre renvoie vers le SPF Justice. Son porte-parole, Koen Peumans, souligne "le sous-financement historique du département de la Justice", qui en supporte encore toujours les conséquences, et qui, à l'instar des autres départements, doit réduire ses dépenses.
Selon M. Peumans, une nouvelle application informatique va bientôt voir le jour. Elle permettra de cartographier les couts au jour le jour. En outre, dans le cadre de la réforme judiciaire, les tribunaux pourront davantage gérer eux-mêmes les couts.