Alzheimer : l'insecticide DDT augmente le risque
A l'issue d'une étude menée sur 86 patients de plus de 60 ans atteints de la maladie d'Alzheimer et 79 témoins sains, des chercheurs américains des universités Emory et Rogers ont constaté que la teneur en DDE, l'un des composants actifs de l'insecticide DDT (dichlorodiphényltrichloréthane), était près de quatre fois plus élevée dans le sang des victimes d'Alzheimer.
Les auteurs de l'étude ont aussi découvert un mécanisme potentiel par lequel le DDE provoque la dégénérescence neuronale. Ayant soumis des cultures de neurones à des concentrations importantes de DDE, ils ont remarqué un net accroissement d'une substance clé participant à la formation des plaques de bêta-amyloïdes.
Connu pour avoir sauvé des millions de personnes du paludisme et autres parasites, le DTT est néanmoins interdit depuis 1972 aux États-Unis en raison de sa toxicité. " Nous y sommes cependant encore exposés par le fait que nous pouvons consommer des fruits, légumes et céréales importés de pays qui l'utilisent encore et aussi parce qu'il persiste longtemps dans l'environnement ", explique le Dr Richardson.
Selon son collègue, le Dr Levey, " le DDT peut subsister dans l'organisme de 8 à 10 ans et le DDE s'accumule dans les tissus alors que les personnes vieillissent. "
Le Dr Richardson précise que le DDT n'est pas le seul élément à incriminer dans le cadre de la maladie d'Alzheimer. Selon lui, les facteurs génétiques combinés à une exposition à cet insecticide pourraient contribuer à la déclencher.
(référence : JAMA Neurology, 27 janvier 2014, doi:10.1001/jamaneurol.2013.6030)