Le stéthoscope aura bientôt 200 ans. A-t-il fait son temps ?
Après presque deux cents ans de bons et loyaux services, le bon vieux stéthoscope, emblème du corps médical au même titre que le blouse blanche, va-t-il bientôt disparaître ? Le débat anime la communauté médicale.
Dans un éditorial de la revue Global Heart, deux médecins de l'école de Médecine Mount Sinai à New York sont formels : plus performants et plus pratiques, des petits appareils échographiques portatifs, générateurs d'ultrasons, sont sur le point de détrôner l'accessoire inventé par le Dr René Laennec, en 1816.
D'après eux, l'échographie apporterait plus d'informations que l'instrument acoustique pour diagnostiquer rapidement et sans risque d'erreur des problèmes cardiaques ou pulmonaires, éliminer les cas d'urgence et guider le médecin lors de la réalisation de gestes invasifs.
Les Prs Jagat Narula et Bret Nelson soulignent que les futurs étudiants en médecine sont désormais formés avec les nouveaux appareils que les fabricants ont rendu de plus en plus précis au fil des ans et dont ils ont réussi à réduire considérablement la taille et le coût.
" Les conditions sont réunies pour un bouleversement ", assurent les deux médecins. Un avis que tous ne partagent pas. " Le stéthoscope ne sera jamais remplacé ", rétorque de façon tout aussi catégorique le Dr Sarah Clarke, vice-présidente de la Société britannique de cardiologie. " Une image ne suffit pas, il faut la resituer dans un contexte. Le médecin peut utiliser une échographie sur un patient mais seulement après avoir écouté le coeur ou les poumons à l'aide du stéthoscope. "
A l'instar de certains amateurs de musique qui continuent de préférer les disques vinyles aux CDs et autres mp3, il est probable que certains praticiens, plus traditionalistes, continueront de garder leur stéthoscope autour du cou et à ne faire confiance qu'à leurs oreilles et à leur expérience. Mais d'autres, attirés par une technologie plus moderne, n'hésiteront pas à délaisser leur plus fidèle compagnon.
(référence : BBC News Health, 24 janvier 2014)