Pénurie de médecins : Paris bientôt menacée ?
Difficile à croire et pourtant Paris pourrait manquer de médecins dans quelques années si rien n'est fait pour inverser la tendance actuelle.
S'appuyant sur les premiers résultats de l'étude universitaire Demomed, menée par des internes parisiens auprès d'une partie des 2.273 généralistes, 543 gynécologues et 220 pédiatres recensés dans les 20 arrondissements de la capitale, l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France évalue à plus de 831 le nombre de médecins qui devront s'installer à Paris dans les cinq prochaines années pour compenser la cessation d'activité prévue.
A l'échelle nationale, le constat n'est pas nouveau : il y a pénurie de praticiens dans beaucoup de zones françaises. Par contre la baisse significative du nombre de médecins et donc de l'offre de soins de premier recours à Paris est une réalité moins connue.
On compte à Paris 11,2 médecins pour 10.000 habitants contre seulement 9,7 sur le reste du territoire français. Si la capitale jouit d'une densité médicale supérieure à la moyenne hexagonale, l'étude révèle quand même que " Paris perd plus de praticiens qu'elle n'en voit s'installer ", et elle met en exergue une grande disparité entre les arrondissements, au point qu'à terme certains pourraient faire partie de la liste des déserts médicaux.
Parmi les raisons avancées pour expliquer la baisse du nombre de médecins à Paris, le rapport de Demomed évoque le vieillissement de la profession. Un quart des praticiens interrogés ont déclaré vouloir prendre leur retraite dans les cinq années à venir, et 79% ont répondu ne pas encore avoir trouvé de successeur. D'autre part, le coût des locaux est trop élevé pour un jeune qui souhaite s'installer à Paris et qui facture ses consultations à 23 euros.
La question des accès handicapés pose aussi problème. Difficiles à mettre en place dans la capitale, ils seront pourtant obligatoires à partir de 2015. Enfin, le numerus clausus est un autre point polémique.