Cystectomie : suivre la voie des sujets de Sa Majesté... (ASCO)

L'étude est anglaise et a été menée par Prashant Patel et ses collègues de l'université de Birmingham. Elle concerne l'efficacité de la centralisation des cystectomies. La question est d'importance, car cette chirurgie peut se grever de complications non négligeables.
En 2002, NICE a recommandé que les chirurgiens doivent pratiquer au moins 5 cystectomies par an avec un taux de mortalité inférieur ou égal à 3,5%. Aux USA, 50.625 patients ont été traités entre 2001 et 2008 et 29% d'entre eux ont connu une complication lors de leur séjour hospitalier. Les données présentées par Patel et consorts ont surpris ! bien que le nombre total d'urologues en Angleterre ait connu une augmentation constante entre 2001 et 2012, il s'avère que le nombre d'urologues pratiquant les cystectomies a diminué de 71,4% à 27,7%. La proportion de chirurgiens pratiquant moins de 50 interventions pelviennes par an est passée de 65,03% à 3,72% et ceux pratiquant moins de 5 cystectomies de 31,73 à 0,98%. Dans le même temps, le taux de mortalité à 30 jours est passé de 3,7 à 2,4%. Néanmoins, tous les centres de soins ne sont pas compliants. Les chercheurs anglais ont cherché à savoir quels étaient les facteurs les plus souvent rencontrés dans les centres suivant ou non les recommandations NICE. Il s'avère que la médiane d'âge des patients est significativement plus élevée dans les centres compliants et que ces centres traitent également plus de patients de sexe masculin. La mortalité à un an est également plus basse : 23,01 versus 26,79%.
La durée du séjour est plus élevée dans les centres non compliants aux recommandations NICE : 17 j versus 15 j. En revanche, les complications sont les mêmes. Il apparait également que plus le volume de patients traités est bas par chirurgien, plus le risque de réinterventions est élevé. A l'inverse, plus les chirurgiens pratiquent ces interventions, plus le taux de mortalité à un an est bas.
Les conclusions sont claires, les centres respectant les règles édictées par NICE permettent de réduire la mortalité à court et à long terme, même si les patients traités sont généralement plus âgés et souffrent plus de comorbidités. Tout indique donc qu'une meilleure centralisation, dans ce cas, permet d'obtenir de meilleurs résultats.