Cancer de la prostate : bientôt un nouveau marqueur validé ? (ASCO)
Les marqueurs biomoléculaires pronostiques et prédictifs du cancer de la prostate ne sont pas légion... Pourtant une brèche vient peut-être de s'élargir grâce à une étude australienne...
La méthylation de l'ADN constitue la modification la plus fréquente et probablement très précoce dans la formation des tumeurs et notamment prostatiques. Elle constitue dès lors une bonne cible pour réaliser des tests diagnostiques ou pronostiques voire une cible thérapeutique. GSTP1 est un gène de réparation de l'ADN. Son hyperméthylation provoque son inactivation, favorisant ainsi le développement du cancer. L'objectif de l'étude de Kate Lynette Mahon (Sydney, Australie) et de ses collègues était de déterminer la valeur prédictive de la mesure du taux de GSTP1 méthylé (mGSTP1).
Une première étude exploratoire menée sur 34 patients et 172 échantillons a permis de déterminer que le taux de mGSTP1 était détectable à partir d'ADN libre dans le plasma. Ce procédé s'est d'ailleurs révélé supérieur à la détection dans les cellules tumorales circulantes. Une étude de phase 1 a été menée par la suite sur une cohorte de 75 patients présentant un CRPC donc 89% avaient été traités par chimiothérapie. Le suivi médian a été de 16 mois durant lesquels 51 patients (68%) sont décédés). Les taux de mGSTP1 étaient plus élevés dans les cancers avec un score de Gleason 9-10 que pour les scores moins élevés. Le taux de PSA n'était pas corrélé avec le taux de mGSTP1 au départ de l'étude. Par ailleurs, plus le taux de mGSTP1 était élevé au départ plus la mortalité est importante. Le risque de décès est 4 fois plus élevé chez les patients pour qui un taux de mGSTP1 est détectable. En outre, dans cette même cohorte, la diminution du taux de mGSTP1 après le premier cycle de chimiothérapie a été associée à une baisse de 50% du taux de PSA. Dans une seconde étude, menée sur 51 patients, il apparait que la disparition du mGSTP1 dans le plasma après le premier cycle de chimiothérapie prédit un bénéfice clinique en termes de réponses partielles et de stabilisation de la maladie.
Une étude de phase 3 est déjà en cours et permettra de confirmer, espère-t-on, le mGSTP1 comme un biomarqueur de la réponse thérapeutique...