Life on Mars (ASCO)

Il ne s'agit pas de vie extraterrestre, mais bien de l'étude MARS, acronyme pour Management of Antiangiogenics Renovascular Safety dans le carcinome rénal.
Le travail a été réalisé par une équipe française et présenté par Vincent Launay-Vacher (Paris, France). Les auteurs ont voulu évaluer la prévalence des anomalies rénovasculaires avant un traitement par un médicament antiangionénique. Ils ont été attentifs à deux facteurs : l'hypertension et la protéinurie. Par ailleurs, leur objectif était aussi d'évaluer l'incidence des évènements rénovasculaires apparaissant " de novo " au cours du traitement, c'est-à-dire survenant chez des patients qui ne présentaient pas cette anomalie avant le début du traitement.
L'étude a été menée de manière prospective et multicentrique. Afin d'être le plus proche possible de la vie réelle, les chercheurs ont limité les critères d'inclusion uniquement aux patients naïfs de tout traitement par anti-angiogéniques et qui avaient une indication pour ce type de traitement. Le choix de l'anti-VEGF a été laissé à l'appréciation du clinicien. Le suivi a duré un an.
En tout, 1124 patients ont été inclus au départ dont 137 avec un carcinome rénal. De ceux-là, 112 ont été traités par sunitinib. Les autres cancers ont été pris en charge par bévacizumab. La population étudiée était composée de 73,7% d'hommes et l'âge médian était de 61 ans. Les métastases viscérales, osseuses et cérébrales étaient présentes dans respectivement 71,4%, 42% et 12,5% des cas. Les doses de départ étaient de 50 mg/j pour 79,1%, 37,5 mg/j pour 19,1% et 12,5 mg/j pour 1,8% des participants. La durée du traitement a été d'au moins 6 mois pour 70,5% et d'au moins 12 mois pour 50,8% des patients.
La prévalence des anomalies rénovasculaires a atteint 43,8% pour l'hypertension et 15,6% pour la protéinurie. A l'inclusion si l'on considère l'hypertension (43,8%), la protéinurie (15,6%) et l'hématurie (8,1%), tous les patients inclus présentaient au moins une anomalie. L'incidence de nouvelles anomalies a été de 21,4% pour l'hypertension, dont 14,3% de grade 3, et de 75% pour la protéinurie. Les chercheurs ont également trouvé 29,3% d'hématurie de novo. " En revanche, a précisé Vincent Launay-Vacher, il n'y a pas eu de microangiopathies thrombotiques. "
Le suivi des patients a permis de montrer que la filtration glomérulaire est revenue à son état d'origine après 1 an. MARS montre donc de manière évidente que l'évaluation de la fonction rénale est une prérogative avant d'entreprendre ce type de traitement et qu'un plan de suivi de cette fonction est requis chez tous les patients traités par anti-VEGF.