Préserver la vessie, mais à quel prix ? (ASCO)

La question soulevée par Timur Mitin (Boston, MA, USA) n'est pas anodine. Ses co-auteurs et lui-même ont mené une étude concernant le devenir des patients à long terme ayant bénéficié d'une réponse complète ou presque complète après chirurgie conservatrice combinée à une radiothérapie...
L'analyse à laquelle ces auteurs se sont livrés concerne deux études bien connues RTOG 9906 et RTOG 0233. Pour mémoire, la chirurgie conservatrice a été réalisée, dans ces eux études, par voie transuréthrale et la radiochimiothérapie a été délivrée en deux phases. Tout d'abord, une irradiation de 40Gy + une chimio et ensuite, après une évaluation cystoscopique avec biopsies et cytologique sur les urines, les patients ayant obtenu une réponse complète ont reçu une chimio- et une radiothérapie (64Gy) avec ou sans chimio adjuvante ; les patients n'ayant pas obtenu ce niveau de réponse ont subi une cystectomie radicale avec ou sans chimio adjuvante. En tout, 119 patients ont été repris dans l'analyse après la phase d'induction : 101 avec une réponse complète et 18 avec une réponse presque complète. La différence entre les deux groupes tenait essentiellement à l'âge : les patients T0 étant plus jeunes que les Tis et les Ta. La survie globale des deux groupes a été de 72% dans le groupe T0 et de 61% dans l'autre groupe.
Dans 65% des cas T0 et 72,2% des Tis/Ta, il n'y a pas eu de récidives durant le suivi médian de 5,9 ans et les récidives invasives ont concerné 12,8% du premier groupe et 5% du second. A long terme, les résultats ne montrent donc pas de différence significative entre les groupes initiaux de répondeurs lors de l'évaluation après la phase d'induction. Pour Timur Mitin, le choix du traitement conservateur alliant chirurgie, radio- et chimiothérapie demeure donc l'option à privilégier.