Radium-223 : quid après 18 mois ? (ASCO)

Le Radium-223 est le premier composé radiopharmaceutique émetteur de rayons alpha approuvé dans le traitement du cancer prostatique résistant à la castration (CRPC) avec des métastases osseuses. Sten Nilsson (Stockholm, Suède) a présenté les résultats du suivi à 1,5 an de l'étude de phase 3 ALSYMPCA...
L'étude ALSYMPCA a montré que le traitement par Radium-223 permet, par rapport au placebo, d'améliorer significativement la survie globale de 3,6 mois. Par ailleurs, ce traitement réduit la survenue de troubles osseux symptomatiques d'une médiane de 5,8 mois avec peu d'effets secondaires et un taux d'atteinte médullaire osseuse réduit. Toutefois, il est logique de s'intéresser au devenir du patient à plus long terme. C'est pourquoi un suivi de 3 ans a été décidé à la suite du traitement. Sten Nilsson et ses collègues ont voulu connaitre les effets secondaires les plus fréquents et ont tenté de savoir si 5 maladies spécifiques se développaient : la leucémie myéloïde aigüe, le syndrome myélodysplasique, l'anémie aplasique, le cancer osseux primaire ou d'autre cancer primaire touchant d'autres tissus.
Après 18 mois, 79% des patients du bras traité et 86% du bras placebo ont quitté l'étude, le plus souvent en raison du décès. Les effets secondaires hématologiques sont plus fréquents dans le groupe Radium que dans l'autre groupe. En revanche, les autres effets secondaires sont pratiquement inexistants dans les deux groupes. Concernant les maladies spécifiques, une anémie aplasique a été causée par le traitement. Des cancers primaires sont apparus chez 2 patients du groupe traités et chez 3 patients du groupe placebo.
Le traitement par Radium-223 apparait donc bien toujours comme très sûr d'emploi sans provoquer de leucémie ou de syndrome myélodysplasique ou de cancer osseux. Ceci, suggèrent les auteurs, devrait permettre d'envisager des thérapies combinées pour les patients mCRPC.