La vodka fait des ravages en Russie
La consommation endémique de vodka porte une grande part de responsabilité dans la très forte mortalité précoce observée dans la Fédération de Russie, où 35% des hommes meurent avant 55 ans.
Pour évaluer l'impact de l'excès d'alcool sur la population, des chercheurs russes, britanniques et du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) ont suivi entre 1999 et 2010 plus de 151.000 hommes et femmes âgés de 35 à 74 ans, buvant au moins trois bouteilles de vodka par semaine. Plus de 8.000 de ces participants sont décédés prématurément, un nombre totalement disproportionné par rapport au reste de l'Europe.
S'étant aperçus que les consommateurs d'alcool les plus importants étaient des fumeurs masculins, les chercheurs se sont dans un second temps concentrés sur ce groupe d'individus. Parmi les 57.361 fumeurs qui ne présentaient aucune maladie au début de l'étude, chez les hommes âgés de 35 à 54 ans, le risque de mourir dans les 20 ans était de 16% pour les hommes buvant moins d'une bouteille d'un demi-litre de vodka par semaine, contre 20% pour une consommation entre 1 et 3 demi-litres et 35% pour 3 demi-litres ou plus. Pour les plus de 54 ans, le même risque était respectivement de 50%, 54% et 64%.
Des taux de mortalité prématurée extrêmement élevés qui confirment la responsabilité de l'alcool et de la vodka sur les décès précoces.
(référence : The Lancet, 31 janvier 2014, doi:10.1016/S0140-6736(13)62247-3)