La sclérose en plaques pourrait être déclenchée par une toxine alimentaire
Des chercheurs du Weill Cornell Medical College de New-York ont découvert qu'une toxine produite par certaines souches (types B et D) de Clostridium perfringens, une bactérie sporulée assez répandue, serait capable de déclencher la sclérose en plaques (SEP) chez des individus à risque génétique. Baptisée " toxine Epsilon " (ETX), cette toxine pourrait être transmise par des aliments contaminés.
La microbiologiste Jennifer Linden et ses collègues ont montré que les patients ayant une SEP active sont 10 fois plus immunoréactifs à l'ETX comparativement à des témoins sains. De plus, ils ont isolé chez une femme de 21 ans ayant une SEP débutante une souche B de C. perfringens produisant l'ETX. Cette souche n'était pas connue pour infecter l'être humain.
Enfin, chez la souris, ils ont constaté que l'ETX cible très exactement les différentes cellules du cerveau associées à la SEP, provoque une perméabilité de la barrière hématoencéphalique et se fixe aux méninges pour les détruire, ce qui explique la présence d'une inflammation chez les malades.
La toxine s'attaque en effet non seulement aux cellules endothéliales, qui assurent l'étanchéité des vaisseaux sanguins, et aux cellules oligodendrocytes, qui produisent la myéline du cerveau, mais aussi aux cellules vasculaires rétiniennes et méningées.
Les chercheurs vont maintenant s'attacher à découvrir un moyen de bloquer la toxine lorsqu'elle est présente dans le corps afin d'arrêter la progression de la SEP ou d'empêcher tout simplement son développement.
(référence : communiqué de presse de l'American Society for Microbiology, 28 janvier 2014)