Doublement de la prévalence des excisions : une formation spécifique pour les médecins
La ministre Onkelinx annonce le financement de deux centres de référence pour la prise en charge des femmes victimes de mutilations génitales. Parallèlement, pour améliorer la prévention et la sensibilisation des professionnels, des formations spécifiques sont désormais organisées via les associations de MG et au sein des hôpitaux. De même, un guide très complet a été distribué aux professionnels en Belgique - médecins, notamment - susceptibles d'entrer en contact avec des victimes ou avec des jeunes filles qui courent le risque d'être excisées. L'approche de l'excision concerne les gynécologues en multidisciplinarité avec les psychologues et les sexologues.
Ce mercredi avait lieu la présentation des nouveaux résultats de l'étude sur la prévalence des mutilations génitales féminines en Belgique.
Plus de 13.000 femmes très probablement excisées vivent en Belgique, elles étaient un peu plus de 6.000 en 2008. Plus de 4.000 jeunes filles courent un risque d'excision, elles étaient un peu moins de 2.000 en 2008. La prévalence a donc doublé en 5 ans !
A cette occasion, la ministre des Affaires sociales et de la Santé publique a annoncé la décision de l'Inami, ce matin, de conclure une convention avec deux centres de référence - le centre de l'UZ Gand et avec le centre du CHU Saint-Pierre -pour le financement de la prise en charge de ces femmes.
Un budget de 500.000 euros annuels est prévu pour les 2 centres. Il permettra à chaque centre la prise en charge multidisciplinaire de près de 200 femmes, dès le 1er mars 2014.
Ces centres auront pour mission de coordonner les soins médicaux appropriés et proposer à la bénéficiaire un soutien médical, paramédical, psychologique et social. Il est aussi prévu que ces centres réalisent une opération de reconstruction du clitoris, lorsque cette opération est indiquée. Les femmes victimes pourront obtenir tous les soins adaptés à leurs besoins, au moment où elles en ont besoin, de recevoir des informations exactes et complètes, et de surmonter leurs difficultés psychologiques.
Cette prise en charge devra donc être multidisciplinaire, c'est à dire encadrée par une équipe de sexologues, psychologues, gynécologues, pour ces victimes puissent se reconstruire en tant que " femmes à part entière ".