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Benzodiazépines ou dérivés morphiniques durant la garde MG : refus pas déontologique

Le médecin généraliste de garde doit assurer la continuité des soins, même pour ce type de prescription. En l'absence de connaissance du patient, l'Ordre des médecins recommande la prudence face à l'existence possible d'une assuétude. Mais le refus annoncé et systématique de prescrire des benzodiazépines ou dérivés morphiniques au sein d'un poste médical de garde n'est pas déontologique.

François Remy - 10 février 2014

Interrogé par un poste de garde à propos de la prescription de benzodiazépines ou dérivés morphiniques durant la garde de médecine générale, le conseil national de l'Ordre souligne que " le but d'un poste de garde de médecine générale est d'assurer la continuité des soins en l'absence du médecin généraliste habituel, dans le cadre de l'organisation du service de garde de population ".
Le MG de garde " doit donc apporter une réponse à un problème déterminé chez un patient qu'en général il ne connait pas ". " L'établissement d'une relation de confiance entre le médecin et le patient, indispensable à l'exercice d'une bonne médecine, peut dans ces circonstances être compliqué, notamment lorsque le médecin s'interroge sur l'existence éventuelle d'une assuétude. "
Dès lors, pour toutes les substances susceptibles de créer une dépendance, " il est un devoir moral et social pour le médecin d'adopter lors de la prescription une attitude préventive et vigilante par le biais d'une information et d'une éducation sanitaires des patients ".
" Le médecin s'interdit de prescrire des traitements ou des médicaments à la seule demande du patient, sans que l'état de ce dernier ne le justifie médicalement. "
" Il attire l'attention du patient notamment sur le mauvais usage et l'abus de substances qui peuvent conduire à une assuétude, et lui indique les risques d'une consommation de longue durée . "
Le médecin ne peut pour autant d'emblée exclure la prescription de benzodiazépines ou de dérivés morphiniques . " Il est des circonstances dans lesquelles une telle prescription peut être justifiée, même durant la garde. "
S'il le fait, il choisira le plus petit conditionnement et dosage possible et avertira le médecin référent de son intervention.
Il encouragera à la garde même le patient à entretenir un dialogue avec son médecin traitant afin de mettre en place " un projet thérapeutique à long terme ou, s'il n'a pas de médecin traitant, lui renseigner un confrère ou des structures de soins adaptées ".
Mais le refus annoncé et systématique de prescrire des benzodiazépines ou dérivés morphiniques au sein d'un poste médical de garde n'est pas déontologique.

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