Un nouveau cap dans la compréhension de l'autisme vient d'être franchi
Une équipe de l'Inserm confirme l'origine précoce, voire prénatale, de l'autisme, largement soupçonnée depuis quelques années.
Le neurobiologiste Yehezkel Ben-Ari et ses collègues ont démontré sur des souris modèles d'autisme que les taux de chlore dans les neurones sont élevés et le restent de façon anormale après la naissance. Toujours chez les rongeurs, en administrant à la mère, 24 heures avant l'accouchement, un diurétique, la bumétanide, qui réduit l'entrée du chlore dans les neurones, les chercheurs français ont réussi à faire taire chez les descendants l'expression de ce trouble envahissant du développement.
Les auteurs ont également montré que l'ocytocine, dite aussi " hormone de l'accouchement ", fait naturellement chuter le taux de chlore dans les neurones au moment de la naissance.
L'ensemble de ces observations laisse à penser qu'un traitement le plus précoce possible est indispensable pour prévenir autant que possible l'apparition du syndrome autistique.
Par ailleurs, une autre avancée a été enregistrée par des chercheurs de l'Université Vanderbilt, aux États-Unis. D'après leurs travaux (2), les déficits de langage et de communication des enfants autistes seraient liés à un décalage dans la réception des informations auditives et visuelles.
(références :
(1) Science, 7 février 2014, DOI: 10.1126/science.1247190
(2) The Journal of Neuroscience, 15 janvier 2014, doi: 10.1523/JNEUROSCI.3615-13.2014)