De grandes disparités dans l'usage du FRAX
L'International Osteoporosis Fundation tire la sonnette d'alarme : une vaste enquête mondiale relayée par Google révèle d'énormes disparités dans l'utilisation du calculateur FRAX pour prédire la probabilité à 10 ans d'un risque fracturaire et estimer les patients les plus susceptibles de bénéficier d'un traitement.
Le FRAX est aujourd'hui un outil déterminant dans la prise en charge de l'ostéoporose. Il permet d'identifier à 10 ans les patients les plus à risque de fractures sur base d'une série de paramètres cliniques. Depuis son lancement en 2008, ce calculateur disponible en ligne (www.shef.ac.uk/FRAX) a été adapté aux populations de plus de 53 pays dans le monde mais est-il pour autant universellement utilisé à sa juste valeur ? C'est la question que s'est posée l'IOF en initiant via Google une vaste enquête mondiale.
Enorme disparité dans l'usage
Un total de 2.391.639 connexions au site (25% d'applications sur i-phone ou smart-phone) ont été recensées entre mai 2012 et avril 2013. Les gros utilisateurs (80% des connexions) sont les Etats-Unis (11.807 calculs/millions de personnes-années, la Belgique (11.507), la Grande Bretagne, le Canada, l'Espagne, le Japon, la France, l'Italie, la Suisse et la Turquie. Le nombre de connexions est faible en Afrique, en Asie du Sud-est et dans les pays d'Europe de l'Est (Bulgarie, Croatie, Macédoine, Serbie, etc.). Plus surprenant est le score des Pays-Bas (1564 calculs) et de l'Allemagne (181 calculs). Les auteurs concluent que ces disparités ne sont pas dues à l'accès au test DEXA, mais peut-être au peu d'attention que portent certains pays aux problèmes osseux dans leur politique générale de santé. Pour John A. Kanis, Président de l'IOF, cette sous utilisation est d'autant plus regrettable que le FRAX est validé, facile d'emploi et libre d'accès.