Bientôt un droit de substitution pour les radiologues
A partir du 1er avril prochain, les radiologues bénéficieront d'un droit de substitution qui leur permettra, en substance, de décider eux-mêmes quel est l'examen le plus approprié chez un patient donné. Ils ne devront donc plus suivre à la lettre la prescription du médecin traitant.
Pour le Pr Geert Villeirs, président de la Société belge de Radiologie qui vient de renaître de ses cendres, c'est une bonne chose. Jusqu'ici, les radiologues étaient en effet tenus d'exécuter sans discuter l'examen demandé par le prescripteur, " alors que nous voyons bien que son choix n'est pas toujours le plus approprié ".
" A l'avenir, le radiologue pourra décider de procéder à un examen différent de celui qui a été prescrit. C'est lui qui est le mieux placé pour décider quel appareil convient le mieux à la réalisation de l'exploration requise : contrairement au médecin traitant, il s'occupe en effet d'imagerie à longueur de journée ", estime le Pr Villeirs. Un autre avantage du nouveau système réside dans la gestion de l'exposition aux rayons radioactifs. " Lorsque c'est possible, nous donnerons la préférence à l'IRM plutôt qu'au CT-scan ", illustre le spécialiste.
Belmip
Ce droit de substitution était l'un des objectifs poursuivis par la Belgian Medical Imaging Platform (Belmip). " Belmip s'efforce de promouvoir l'application des directives, qui stipulent notamment quel est l'appareil le plus approprié pour un examen donné. Il est également indispensable que le médecin traitant veille à formuler correctement ses questions cliniques, afin que le radiologue puisse travailler de façon ciblée. Une fois l'examen réalisé, il communiquera son feedback au prescripteur en motivant le choix de l'appareil utilisé. "
Cliché
" Notre secteur est parfaitement maîtrisable si nous respectons les directives. En nous limitant aux examens réellement nécessaires, nous resterons certainement en-deçà de notre budget ", souligne le Pr Villeirs. " C'est d'autant plus intéressant que cela nous permettrait d'investir dans de nouveaux appareils d'IRM - une technique qui pourrait remplacer le CT-scan dans bien des cas - et de rectifier enfin ce cliché du radiologue qui bombarde ses patients de rayons à tort et à travers... "
Cancers
La gestion de la dose de rayonnement est une problématique très actuelle, une étude ayant notamment démontré il y a peu que l'examen CT augmentait le risque de cancer de 25% chez les enfants. " Du coup, certains s'imaginent qu'un quart des enfants vont développer un cancer à cause du CT-scan, ce qui n'est évidemment pas vrai : on parle ici d'une augmentation de 25% de l'incidence existante, qui est heureusement minime dans cette population ", précise le Pr Villeirs. " Les radiologues sont néanmoins attentifs à ne réaliser ce type d'examen que lorsque c'est vraiment nécessaire - sans compter que les appareils ne cessent de s'améliorer et que la dose de rayons est donc de moins en moins importante. "