Diabète et mortalité en cas de cancer de la prostate
Il a été avancé que le diabète de type 2 protéger du risque de cancer de la prostate. Possible, mais le revers de la médaille semble être une plus grande agressivité des cancers déclarés.
A partir de quatre bases de données du Royaume Uni, des investigateurs canadiens ont construit une cohorte de 11.920 sujets chez qui un diagnostic de cancer de la prostate non métastatique avait été posé entre 1998 et 2009 et pour lesquels on disposait de données de suivi jusque fin 2012. Au sein de cette cohorte, 1.132 sujets étaient des diabétiques de type 2 connus au moment du diagnostic.
Dans le cadre d'un suivi moyen de 4,7 ± 3,0 ans 3.605 décès sont survenus (incidence annuelle de mortalité globale 6,4%) dont 1.792 en relation avec le cancer de la prostate (incidence annuelle de mortalité spécifique 3,3%).
Après ajustement pour les principaux facteurs de confusion, en particulier la consommation d'alcool, le tabagisme, l'IMC, les comorbidités et diverses caractéristiques relatives au cancer de la prostate (Score de Gleason, Niveau de PSA et types de traitement administrés), il s'avère que le diabète de type 2 s'accompagne d'un risque accru de mortalité spécifique (risque relatif 1,23 ; IC 95% 1,04-1,46) et de mortalité globale (risque relatif 1,25 ; IC 95% 1,11-1,40).
Cet excès d'agressivité pourrait être mis sur le compte de l'hyperinsulinémie et d'éventuels autres effets métaboliques qui ne sont pas carcinogéniques, mais favorisent la flambée des cancers déclarés.