La mort annoncée de l'insulinothérapie ?
Nous n'en sommes pas là, mais une étape cruciale vient d'être franchie avec la démonstration sur modèle animal de la possibilité de fabriquer des cellules ß à partir de fibroblastes cutanés.
Libérer les diabétiques de type 1 des injections d'insuline en restaurant le capital de cellules ß du pancréas, un rêve qui ne semble plus totalement utopique.
Constatant les succès mitigés des tentatives de mise au point de pancréas artificiel, une équipe de chercheurs américains s'est tournée vers les techniques de médecine régénérative pour transformer des cellules en une source transplantable, permanente et illimitée de cellules ß fonctionnelles produisant de l'insuline.
Les chercheurs ont d'abord prélevé des fibroblastes cutanés chez des souris de laboratoire et les ont transformés grâce à un premier cocktail de reprogrammation en cellules endodermiques-like. Pour mémoire, les cellules endodermiques sont celles qui, chez l'embryon, sont à l'origine des différents types cellulaires qui vont former les organes internes et notamment le pancréas.
Ces cellules endodermiques-like ont alors bénéficié d'un autre cocktail de reprogrammation pour être transformées en cellules mimant les cellules pancréatiques primitives. Les chercheurs ont d'abord montré in vitro qu'ils pouvaient obliger ces cellules primitives à se transformer en cellules matures qui répondaient de la même façon que les cellules ß aux stimuli et fabriquaient de l'insuline.
Ils rapportent aujourd'hui que ces cellules reprogrammées fonctionnent parfaitement lorsqu'elles sont transplantées chez des souris avec hyperglycémie génétique.
Une semaine après la transplantation, les taux de glucose commençaient à diminuer et si la greffe était ôtée, le taux de glucose remontait immédiatement. Le résultat le plus spectaculaire est que 8 semaines après la transplantation, les cellules transplantées étaient devenues des cellules ß sécrétant de l'insuline et totalement fonctionnelles.
Alors certes il y a loin de la souris à l'homme, mais la preuve est faite que la reprogrammation durable n'est pas un mythe, ce qui ouvre la voie à d'éventuelles applications humaines.